Ferme cactus
Ferme cactus  /  SOA

Ferme modulaire de production intensive avec emprise au sol réduite érigée au-dessus du paysage urbain


FERME CACTUS

La Ferme Cactus est une exploitation agricole de production intensive divisée en plusieurs modules fixés sur un mât central. C’est un projet polyvalent permettant la cohabitation de plusieurs fermes ou une diversité de cultures au sein d’’est un bâtiment léger de structure modulaire, d’une emprise au sol de moins de 100 m2 se développant sur une cinquantaine de niveaux. Sa disposition en tripale optimise son ensoleillement. Les différents modules garantissent plusieurs milieux clos et donc plusieurs environnements climatiques possibles hors-sol sur substrat. 
 

 

 

 

La ferme lévite au-dessus des toits de la ville.

RENDEMENT
Tomates
Culture en terre
Rendement 716 T/an
36 fermes
INDICE BASE
Emprise au sol : 65 m2 
Surface annexe : 0 m2
Surface developpée : 4,2 ha
Hauteur : 140 m

 

 
 


 
 

La Ferme Cactus de forme tripale possède une ossature fine et projette ses modules dans l’espace pour dépasser les contraintes azimutales et réduire les ombres. Prenant la lumière sur 360°, elle ne peut tolérer aucune autre ombre portée. Le plan panoptique mutualise la gestion des cultures : circulations verticales, mise en relation des modules, vision d’ensemble. Comme dans une exploitation horticole, le plan structure des allées en longueur. Bien que divisé en plusieurs unités, l’ensemble forme un bâtiment à l’échelle d’une tour urbaine. 

Inspirée d’infrastructures techniques comme les poteaux télégraphiques, la ferme Cactus est modulable, économique et rapidement constructible. Le mat central est un assemblage d’éléments en compression et en tension. Le béton et le métal sont donc propices, bien que certains bétons de haute performance puissent être utilisés pour l’ensemble. 

On pourra étudier les principes de tenségrité et réduire les assemblages à des éléments aux dimensions standardisées. Les modules font également appel à une technique de construction légère. Ils sont formés de planchers métalliques de type caillebotis à grande portée. Compte tenu de la hauteur du bâtiment, l’enveloppe est nécessairement rigide de type feuille de polycarbonate. La séparation en plusieurs modules affaiblit la prise au vent du bâtiment.

On imagine que la Ferme Cactus puisse prendre naissance dans des espaces résiduels puis survoler le velum parisien pour isoler et exposer ses cultures. La faible emprise au sol de la construction multiplie les occurrences d’implantation de la ferme dans la ville. Ne se développant qu’au-dessus du tissu urbain, sa base, uniquement structurelle ne comble pas le vide de la parcelle sur laquelle elle s’implante. La parcelle en question peut donc laisser libre cours à des usages urbains libres, artistiques ou collectifs et à une appropriation : terrain vague, jardins collectifs, interventions...

 

 

Exemple d’implantation urbaine dans un terrain vague
qui laisse libre cours à l’appropriation.

 
 

Bien qu’elle n’ait pas la fonction ornementale d’un mur végétal, elle donne à voir une grande surface verticale plantée. Tel un arbre à l’échelle de la ville, la Ferme Cactus expose ses cultures de façon spectaculaire. Sa hauteur et sa singularité en font un repère urbain. La constitution de la Ferme, vide à la base et pleine dans la hauteur, donne l’impression qu’elle lévite. 

Son évidage sur la hauteur traditionnellement bâtie et la posture de son corps en surplomb définissent le paysage des toits de la ville comme un nouveau sol de référence. Plutôt qu’inscrite uniquement dans une recherche de verticalité, la Ferme Cactus dévoile un nouveau paysage urbain horizontal au-dessus de la ville. 

Elle se prête autant à un type d’agriculture industrielle qu’à un fonctionnement par concession privée. Cependant, l’ampleur du bâtiment la destine plus facilement à un exploitant orienté vers la grande distribution ou à une coopérative. On pourra donc s’attendre ici au développement d’une entreprise de taille importante et à la mécanisation des tâches plutôt qu’à l’emploi unique de main d’oeuvre. 

Le dispositif en milieu clos en fait un outil technique sécurisé et un savoir-faire est nécessaire à l’exploitation de la ferme. La mise à distance des cultures par rapport à l’espace public rend l’exploitation plus mystérieuse qu’à l’ordinaire. Son originalité attire les visiteurs et les invite à découvrir son fonctionnement. Depuis la rue, les passants ont du mal à distinguer les essences et leur croissance au cours des saisons. En revanche, en imitant la plante dans sa croissance vers la lumière, la Ferme montre une application technique de procédés naturels.

 
 

Plan d’étage type 1/400e
Le plan panoptique, ici dans sa configuration en tripale, est idéal pour la gestion des choses. C’est celui que l’on emploie (encore) pour les prisons ; un point central donne une vision sur l’ensemble. C’est également un plan qui optimise l’ensoleillement tout en restant compact. Une des particularités de ce plan est de diviser les superficies en plusieurs unités, ce qui le rend très flexible aux usages. Une version mobile du module permettrait d’envisager des branchements ponctuels sur d’autres bâtiments, toujours dans l’idée d’exploiter les toits de la ville. L’emprise au sol est très faible tandis que le COS est très élevé.

 

 

Vue sur un module : principe de distanciation
des cultures pour optimiser les apports 

 

 


 FERME CACTUS / LES LIMITES

ARCHITECTURE URBAiN ORGANISATION SOCIALE
Morphologie
Tripale
Panoptisme
Implantation
Espace résiduels
Faible emprise
Activité / Emploi
Grande entreprise
Mécanisation
Construction
Légèreté
Modularité
Paysage
Horizotalité
Repères urbain
Savoir faire / Pédagogie
Originalité

 

 

D’un point de vue architectural, la Ferme Cactus est à mi-chemin entre l’équipement technique et la serre agricole. Sa forme est inspirée du système panoptique et des immeubles d’habitations en tripale du Mouvement moderne optimisant fonctionnalité et exposition à la lumière. Elle entame un dialogue avec le monde extérieur en mettant en scène son élan vers la lumière du soleil. Pourtant, sa parenté morphologique avec la tour émettrice radio rend cette tour difficile à implanter de façon contextuelle. La variation pourrait venir de la hauteur du bâtiment et de la différenciation de chaque module d’exploitation.

Si l’on peut trouver une certaine beauté dans son éloge de la technique contrastant avec un tissu urbain traditionnel, on imagine très difficilement sa réplication massive en ville, à moins que ce ne soit dans un grand aménagement dédié de type parc urbain ou grand axe. Elle s’adapte en revanche parfaitement à un dispositif d’aménagement du type de ceux qui sont pratiqués pour les lignes d’éoliennes ou les champs de panneaux photovoltaïques.

La Ferme Cactus, bien qu’efficace en terme de production, ne peut être une alternative globale satisfaisante à la culture agricole traditionnelle d’un point de vue urbain, sans créer au sein de la ville un paysage du tout technique. Elle peut en revanche constituer un équipement de production d’appoint. Enfin, malgré son emprise minime au sol, elle déploie un gabarit imposant qui, une fois répliqué abondamment, pourrait altérer la ligne d’horizon urbaine.

 

 

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